En théorie, qui a raison ?

Ecrire…sur l’entraînement…en escalade… mouais.

Je pense à tous les « pros » de la théorie. Je pense à ceux qui se prennent pour référence alors qu’ils n’ont jamais entraîné le moindre grimpeur (au mieux, ils s’auto-entraînent). Je pense à ceux qui font les sympas et qui ne le sont pas. A ceux qui courent après les « J’aime » sur les réseaux sociaux. A ceux qui refusent l’échange. A ceux qui ont les dents longues. A ceux qui se disent accessibles et qui ne le sont pas.

Je pense aussi à ceux qui me reprochent de ne mettre aucune référence. Je pense à ceux qui prétendent que l’absence de liens me fait perdre toute crédibilité. A ceux qui me donnent des leçons. A ceux qui me renvoient vers de vrais noms, de vrais entraîneurs reconnus, n’hésitant pas à rajouter cette petite phrase : « si tu comprends l’anglais ».

Une phrase me guide sans cesse. Elle n’est certainement pas d’un grand homme, et question « référence », je suis encore une fois bien pauvre : « La différence entre la théorie et la pratique ? En théorie, aucune ».

Les chercheurs, les enseignants, les étudiants, les journalistes sont bien plus compétents que moi pour écrire de vrais articles sur l’entraînement. D’ailleurs, écrire sur un blog, c’est compliqué : titre accrocheur, nombre de mots idéal, photographie placée au bon endroit, et certainement bien d’autres règles à respecter.

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J’ai appris. J’ai appris au fil des mois en écoutant les « pros ». On m’a donné de grands conseils, de belles leçons, de jolies claques aussi. Et quand on prend le temps d’écouter, de lire, quand on passe au-delà de l’amour-propre, on avance. Certaines croyances s’effondrent, certains filtres changent de couleur. J’ai vraiment compris qu’un article sans la moindre référence pouvait laisser une impression de « je sais tout et je vous le dis ». Et pourtant, je ne pense pas être cet homme prétentieux au quotidien. J’ai donc insisté et réécrit certains articles, avec des « à mon avis », des « je pense personnellement que ».

Oui mais voilà, je me suis rendu compte que dans ces « pros », certains continuaient à me lire malgré leurs critiques incessantes et l’insatisfaction évidente qu’ils doivent supporter article après article. Les « pros » seraient-ils plus méchants qu’on ne le pense ? Quel est le but de tout ça ? Que cherchent-ils vraiment ? Inutile de chercher une réponse, puisqu’ils sont les seuls à pouvoir nous répondre.

En fait, je crois qu’il fil des mois j’ai trouvé le style d’écriture qui me correspondait dans la grimpe : une bonne dose de subjectivité, un brin de second degré mais pas trop, et de quoi rendre fou ceux qui lisent les articles en diagonal ou avec une seule idée en tête : critiquer et / ou se rassurer.

Je vous l’écris « noir sur blanc », là, maintenant : je ne ferai pas marche arrière, car la connaissance est désormais accessible à tous, et ce n’est pas à moi de la transmettre. Je tiens à apporter cet autre regard sur l’entraînement. Vraiment. Et chacun est libre de lire, d’adhérer ou de critiquer. Enfin, sachez qu’il n’existe aucune forme d’amertume, on ne peut évidemment pas plaire à tout le monde (cette fois, n’y voyez aucune référence !), et même en écrivant cet article, j’ai un petit sourire en coin.

Parce que contrairement aux « pros » de la théorie, j’apprends et j’écoute activement. La critique me fait grandir.

Parce que vous êtes de plus en plus nombreux à lire ces articles.

Parce que je n’ai aucun concurrent et que je me sens vraiment libre.

Parce que j’aime ce que je fais, et que du jour au lendemain je peux tout arrêter si l’envie n’est plus là.

Parce que dans la vraie vie, ce ne sont pas les diplômes, les connaissances, et les compétences qui différencient les Hommes.

En fait, je vous remercie tous. Et pour les « pros » de la théorie, je tiens malgré tout à rectifier une phrase dans cet article :

« La différence entre la théorie et la pratique, c’est qu’en théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique, mais qu’en pratique, il y en a une. »

Jan van de Sneptscheut

Comptez sur moi pour écrire encore de nombreux articles, qu’ils plaisent ou non !

A bientôt !

 

 

 

 

Au secours je ne sais grimper qu’en tendu !

(Et le problème, c’est que je ne sais faire que ça…)

Vous avez tous entendu parler des différentes préhensions en escalade : tendu, arqué, semi-arqué…Et comme vous êtes curieux, vous vous êtes intéressé à la manière de progresser dans ces domaines : vidéos, articles, vous savez tout sur les suspensions. En fait, non, vous ne savez pas tout, car vous êtes les « incompris ». Vous êtes les vrais grimpeurs de tendu, ceux qui n’ont pas le choix, qui ont beau regarder leurs doigts avec un constat et une question récurrente : comment est-possible que les phalanges se mettent dans cette position ? Cet article est fait pour vous, vous les oubliés.

Qui êtes-vous ?

Depuis que vous avez commencé à grimper, vous ne vous êtes jamais vraiment posé la question. Tout se prend en tendu, et c’est super. Vous avez progressé physiquement, en gainage, pourquoi pas en fermeture de bras, et vous arrivez même à faire de jolies croix dans le 6, le 7, voire dans le 8, avec vos doigts qui épousent merveilleusement les prises que le rocher ou le bloc vous proposent. Clairement, il se peut même que vous soyez meilleur à l’extérieur, sur de vrais plats (vous savez, pas les plats que tous les grimpeurs de la salle prennent en arqué ou en pince…). Des vrais plats, avec du vrai grain. Vous êtes devenu très à l’aise lorsque ça penche, les compressions vous adorez, les jetés aussi, pourquoi pas les angles et arêtes.

Oui mais voilà, si vous progressez physiquement, il reste un domaine dans lequel vous êtes vraiment nul : le vertical. Lorsque vous êtes cramé, vous ne tenez plus en tendu, et la falaise peut vite devenir compliquée pour vous. Du coup, vous avez une différence de niveau significative entre votre perf max, et ces petits mur verticaux qui vous obligent à tenir une prise…que vous ne tenez pas en tendu. Et au bout de quelques années, tout cela vous énerve sacrément.

Vous avez donc essayé de travailler en arqué, ou semi-arqué, et vous vous êtes blessé, bien souvent une rupture partielle de la poulie. Quelques mois plus tard, retour à la case départ.

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Ces grimpeurs qui vous énervent

Autour de vous, certains grimpeurs (ou aussi des grimpeuses…) vous énervent particulièrement.

1 Ceux qui disent grimper en tendu, alors que ce n’est pas vrai. C’est juste qu’ils maîtrisent parfaitement les préhensions, et tant que ça passe en tendu, ils passent en tendu.

2 Ceux qu’on surnomme bébert, lulu, fredo, ced… ces grimpeurs que vous rencontrez et qui vous disent souvent « ah mais toi tu vas randonner, moi je n’ai pas de force ». Et bien évidemment, ils vous disent ça dans un bloc où il faut fermer le bras…avec une prise que vous ne tenez pas, et une autre que vous ne tiendrez pas. Vous connaissez ces grimpeurs de vertical qui disent ne pas avoir de force et qui supportent leur poids sur une prise de 2mm ? Oui, ils ne tractent pas à un bras (parfois difficilement à deux bras), mais ils ont au moins une force indéniable : celle de pouvoir tenir les micros prises en vertical ou en dalle, et donc de pouvoir aussi utiliser leurs pieds. Ces grimpeurs, qu’on dit « technique » ont quand même un net avantage sur vous. Et ils vous énervent.

3 Enfin, ceux-là vous énervent moins, mais ils ne doivent pas arriver au mauvais moment : iI s’agit de ceux qui ne vous comprennent pas, et qui ne vous comprendront jamais.

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Vous avez quand même un point fort

Avant d’aller plus loin, il faut quand même être conscient d’une chose. Votre niveau, que vous avez atteint sans jamais tenir les prises, vous a permis de développer un point fort : vous avez compris qu’une prise se tient, non pas en la serrant comme un fou, mais avec tout un ensemble d’autres groupes musculaires. Vous savez donc grimper relâché, et ne pas trop serrer les prises (en fait, vous ne savez pas serrer les prises du tout souvent !). Il va falloir garder ça dans un coin de votre tête.

Alors, que faire ?

1 Vous vous dites que c’est comme ça et que vous n’êtes pas fait pour les petites prises. Bonne idée, au moins vous ne risquez pas de vous blesser. Si vous continuez à progresser dans votre style, c’est super.

2 Vous vous dites que ce serait quand même bien de progresser en tenue de prise, surtout pour être plus polyvalent. Il peut y avoir plusieurs motivations : atteinte d’un âge où les jetés ne vous amusent plus vraiment, une frustration terrible en falaise (bah oui, ils sont où les gros mouvements dans les dévers ?), un déménagement qui vous oblige à grimper dans une salle avec des petites prises partout etc.

Nous allons parler de ce 2ème point. Voici quelques conseils et remarques pour progresser.

  • Si vous regardez vos doigts, ils sont encore assez fins. Quand vous tentez de placer vos phalanges en position semi-arqué (on ne parle même pas d’arqué !), votre doigt reste droit comme un « i », surtout pour le majeur et l’annulaire. Faites-vous une raison, biomécaniquement, vous n’êtes pas fait pour arquer, c’est sûr. Et à l’âge adulte, il ne faut pas espérer un grand changement de ce côté-là. Par contre, progresser en semi-arqué, c’est possible !
  • Vous devez, plus que n’importe qui, accorder une vraie importance à l’échauffement des doigts.
  • Oubliez les suspensions en effort max (du genre suspendez-vous avec une tenue de prise maximale de 5 secondes). Ce qui vous limite, c’est le côté biomécanique, pas la contraction musculaire. C’est important, n’allez jamais jusqu’au bout de vos forces.
  • Si vous décidez de renforcer de point, ce sera très coûteux nerveusement, et « articulairement ». Je vous conseille de ne pas vous éparpiller dans la préparation physique, avec le reste. La priorité maintenant, c’est la tenue de prise. Le reste suivra en temps voulu.
  • Si vous suivez le point précédent, il va falloir accepter plusieurs choses. Tout d’abord, moins grimper dans votre style de prédilection. Ensuite, accepter le regard des autres (« tiens mais il galère dans un bleu, alors que d’habitude il sort du noir ? ». En travaillant la préhension en semi-arqué, vous allez aussi découvrir / approfondir d’autres points techniques : transfert de poids, ouverture de bassin, équilibration etc. Ça fait partie de la progression, la tenue de prise va avec le style correspondant. Dites-vous que votre marge de progression est importante, et même si côté cotation ça ne suit pas, vous progressez.
  • Vous allez devoir écouter votre corps, c’est-à-dire accepter pleinement si vous êtes fatigué. Au fil du temps, vos doigts vont trembler, vos articulations peuvent grossir, des douleurs peuvent apparaître au niveau des poignets. Accordez-vous du temps pour vous auto-masser les avant-bras (fléchisseurs et extenseurs), étirez-vous, buvez. En serrant pour la première fois des prises, vous pouvez créer un déséquilibre au niveau de l’articulation du poignet. D’ailleurs, vous verrez qu’une légère douleur au poignet peut disparaître en quelques minutes grâce à un automassage. Enfin, les bains froids peuvent aider, c’est le meilleur anti-inflammatoire naturel !
  • Côté progression, voici une idée ce que vous pouvez envisager. Des suspensions à deux mains, pieds au sol, juste pour « sentir » la position, une ou deux fois par semaine. Quand vous le sentirez (et vous savez très bien qu’à l’étape précédente, c’est impossible !), essayez de tracter à deux mains, en semi-arqué (vous pouvez lancer le mouvement avec les pieds). Déjà, quand vous aurez atteint de stade, ce sera plus sympathique ! Ensuite, il faut respecter quelques règles en grimpant. Vous allez tenter des blocs en semi-arqué maintenant, mais pas à n’importe quel prix.

 

1 Toujours lâcher prise si douleur

2 Bien porter son attention sur la qualité de tenue de prise. Si vos doigts sont mal placés et que vous tirez dessus, ça risque de faire mal…

3 Privilégiez les mouvements dans l’axe. Pas de gros mouvements vers la droite ou vers la gauche. Chez vous, si ça tire, ce ne sera pas une entorse, mais une rupture partielle de poulie. Donc prenez une prise en semi-arqué, et tirez dessus de manière homogène, dans l’axe.

4 Il se peut qu’en 2 ou 3 essais, vous ayez grillé tout votre potentiel pour la séance ! Pas grave, n’insistez pas, la quantité n’apportera que des blessures. Au début, vous aurez de quoi faire un bloc ou deux par semaine, et puis ça ira mieux avec le temps. La progression n’est jamais totalement linéaire, vous aurez des périodes plus difficiles !

5 Quand vous serez plus à l’aise, vous allez vous surprendre à tenir quelques prises, vraiment. Seulement à partir de ce moment-là, vous pourrez envisager des suspensions, à deux bras. Mais attention, seule la douleur doit vous arrêter, pas la contraction musculaire. Une fois par semaine, pas plus (3 à 6 suspensions, c’est tout !).

6 Il faut être patient. Il faut plusieurs mois pour optimiser le tout.

7 Vous allez pouvoir tester tout ça dans les voies maintenant, et ce sera un réel plaisir !

8 Amusez-vous et retourner dans vos styles de prédilection. Vous venez de vous ouvrir d’autres portes.

 

En conclusion

Si vous n’avez rien compris à cet article, c’est que vous ne souffrez pas de ce problème-là ! Si vous vous sentez concerné, je peux vous garantir qu’il est possible de progresser, et de varier son escalade. Souvenez-vous que les véritables performances ne sont peut-être pas toujours celles qu’on réalise dans son style.

Bonne grimpe !

 

 

 

 

Ces nouveaux rêves

Ceux de ma génération ont connu cette démarche devenue quasi obsolète : se rendre à la bibliothèque, chercher, fouiner, trouver (parfois) une information au prix  d’un effort de longue haleine et d’une perte de temps évidente. C’était le monde d’avant. Celui qui ne connaissait pas Internet.

C’est un ami qui m’a fait remarquer cela l’année dernière. Maître de conférences en droit, il constate chaque jour que la nouvelle génération d’étudiants peine à trier et sélectionner les informations. Des informations qui parviennent en moins d’une seconde sur google, sans aucun effort. Seulement voilà, cet accès direct à la connaissance change les comportements. Peut-être même la manière de penser, de raisonner.

Et dans ce nouveau monde, tout devient possible, le pire comme le meilleur. La rapidité des échanges, la transmission de données, les voies de communication, voilà les nouvelles veines du monde. Même les rêves ont changé. Autrefois, ils étaient imaginaires, personnels, ils n’avaient aucune limite, ni dans le temps ni dans leur forme. Les générations précédentes rêvaient de voler, en Superman ou dans un véhicule à inventer. Les rêves se confondaient parfois avec les prières. Ils étaient simples et naïfs, beaux et inaccessibles. Gratuits et évidents, faciles et apaisants.

Les nouveaux rêves sont accessibles, plus proches de la réalité, possibles. Les publicités nous tendent la main, les images nous les suggèrent, ils sont là, à portée de regards. Simples. Parce que notre monde change. Le passage à la nouvelle année perd de sa magie, 70% des français déclarent ne plus vouloir le fêter.  Le nombre de sms envoyés durant la soirée a diminué entre 2015 et 2016. On se contente d’un message banal sur un mur Facebook, adressé à un tas d’amis plus ou moins virtuels. En fait, les médias nous sélectionnent des informations terribles, déclenchent des états, jouent avec les émotions. Nous prenons les suggestions en pleine tête, et dans ce mouvement de panique général, on laisse plus de place à l’urgence et la prudence qu’à l’optimisme. Les jeunes d’aujourd’hui constatent. Ils constatent qu’ils devront travailler plus, plus longtemps, qu’ils n’auront peut-être pas retraites, que le chômage les guette, que le nombre de cancers progresse chaque année, que les maladies infantiles s’envolent, que la vie coûtera de plus en plus chère, qu’un terroriste peut frapper n’importe où à n’importe quel moment. Et puis, pour la première fois depuis 1969, paraît-il, l’espérance de vie diminue en France.

Alors, rencontrer un vrai prince charmant, vivre heureux en famille, avoir la force de Superman, le monde nouveau s’en moque. Les rêves sont plus proches de nous, presque réels. Ils sont coûteux en énergie car ils commencent à se confondre avec les objectifs. On leur donne des lignes d’arrivée, on doit s’employer pour espérer les atteindre.

On emploie des termes horribles, on « fait des sacrifices », entend-on si souvent. Combien de sportifs mesurent vraiment ce que signifie ce mot ? La nouvelle préparation mentale doit apprendre à gérer ces athlètes nouveaux. Atteindre une finale de championnats de France ou du Monde, être payé pour réaliser des films et voyager. Il faut des informations rapides, du consommable, et des entraînements du même genre. On zappe, et au milieu des doutes on s’épuise, car on voit le rêve simple qui s’échappe. Même les articles un peu longs sont lus par une catégorie évidente. Les statistiques Facebook de la page Prépagrimpe ne mentent pas : les lecteurs de ma génération sont les plus représentés. Prépagrimpe devient une bibliothèque, les informations se cherchent au milieu des nombreuses pages.

Pourtant il se passe quelque chose. Les mails que je reçois évoquent de plus en plus ces nouveaux rêves. Ils vous épuisent. Nerveusement. Ils semblent conditionner vos études, vos voyages. Ils vous empêchent de dormir parfois. Vous ne rêvez plus d’être champion du monde, pour de faux, mais vous voulez y croire. Superman a pris quelques rides. Vous voulez des rêves proches de vous, profiter du présent car l’avenir est incertain. Moi le premier, j’ai créé mon propre métier pour le faire de n’importe quel endroit dans le Monde. Sait-on jamais, si la vie devient inaccessible ici. C’était un modeste rêve, mais un rêve quand même lorsqu’on est un illustre inconnu. Et ça n’a objectivement jamais été un objectif. Alors, en ce début d’année, j’ai conscience que nous avons tous envie de rêver, de trouver des instants de bonheur accessibles. Si les rêves sportifs peuvent parfois se confondre avec les objectifs, dans un coin de votre tête, vous avez pourtant une chance. Une chance nouvelle.

Nos nouveaux rêves nous inspirent. Ils donnent du sens à nos plus grands objectifs. Ils nous font briller les yeux et suscitent de magnifiques émotions. Les nouveaux sportifs ne sont pas des agents secrets britanniques appelés 006 ou 007, laissant de côté les sentiments. Les nouveaux sportifs vivent intérieurement des sensations magiques, notamment en se projetant dans leurs nouveaux rêves. Les nouveaux sportifs apprennent, non pas à s’éloigner des émotions, mais à les gérer. Je suis certain qu’aujourd’hui le sportif le plus froid est profondément animé par une énergie unique, qui le parcourt de la tête aux pieds. Sans cesse.

En fait, je ne suis ni prêtre, ni psychologue, ni voyant, ni philosophe. Ce mail est peut-être un rêve. Un rêve de nouvelles définitions. Que vos rêves vous inspirent. Rêve, rêve, rêve, ce mot revient en permanence dans cet article. Voilà ce que je vous souhaite en 2016 : avoir vos rêves en ligne de mire, qu’ils vous inspirent au lieu de vous épuiser, qu’ils illuminent vos yeux pour passer au-delà des tristes nouvelles, qu’ils vous portent vers de nouveaux projets. Qu’ils vous fassent perdre la notion du temps. Qu’ils développent vos intuitions. Qu’ils brisent les routines et les codes. Qu’ils donnent du sens à votre vie, à vos entraînements. Parce qu’ils ont un quelque chose de différent, parce que le chemin vers le rêve est tout aussi beau que le rêve lui-même. Quels seront vos objectifs pour imaginer vos rêves ?

 

Prépagrimpe vend ses cellules :-)

Lorsque les gens me demandent mon métier (un truc bien français !), j’ai toujours un peu de mal à m’en sortir. Alors, je simplifie. De « préparateur physique en escalade », ça finit toujours par « coach sportif », par simple relation de Chasles (vous savez, pas de bras, pas de chocolat, pas de chocolat, pas de 9a, donc pas de bras, pas de 9a). Bref.

Oui, c’est devenu au fil des années mon vrai métier. Un métier créé sur mesure, qui ne correspondrait sous cette forme à aucun autre. Parce que la vérité n’existe pas. Parce que la distance n’arrange rien. Parce que fortement éloigné de l’image qu’on peut en avoir. Avec en plus l’hôpital qui se moque de la charité : « si si le physique n’est pas le plus important, c’est pour ça que je fais ce métier, pour en faire faire le moins possible et laisser une juste place à la grimpe ». Mouais. Objectivement, ça doit coincer chez certains. Bien sûr.

Alors, après plus de 10ans de planifications à distance, j’ai laissé mûrir deux idées un peu folles. La première, c’est d’en faire une vraie activité. J’aurais pu me lancer dans le tennis ou le golf. Mais non. La seconde, c’est de me dire qu’avec certains exercices simples et adaptables à presque tous les niveaux, on pouvait faire progresser les sportifs à distance. Bien sûr, cela se fait dans d’autres disciplines, mais qu’en est-il en escalade ? Comment imaginer qu’en suivant une planification physique, le niveau de grimpe augmentera ? C’est totalement fou. Parce qu’il existe un vilain raccourci à ne pas prendre : « c’est grâce au physique que j’ai progressé ». A tous ceux qui pensent cela, je leur réponds très sincèrement : non, c’est peut-être grâce à ce que vous n’avez pas fait physiquement. Sur Internet, dans les livres, vous trouverez toujours des nouveaux exercices, des idées fantastiques pour progresser, le marché développe des produits connectés, les marques créent des besoins. Mais…les progrès viennent-ils de ce que l’on fait, ou de ce qu’on ne fait pas ? Cet exercice génial vu sur la toile, faut-il le faire 1 ou 5 fois par semaine ? Pendant combien de temps ? Quels seront ses effets ? Les réponses sont étrangement moins nombreuses que le contenu.

C’est ça, mon métier, le physique en escalade, planifier ce qu’il y a à faire et donc suggérer ce qu’il ne faut pas faire. Si j’étais fort grimpeur, si j’avais la technique au bout des doigts (je ne parle même pas des pieds !), je serais peut-être en mesure d’optimiser un entraînement de A à Z. Alors forcément, plus de 10ans de planifications « simples » à distance, ça apprend quelques petits trucs sympathiques.

Les demandes de suivis évoluent beaucoup. Dans les mails, certains se présentent avec pour seul objectif de progresser à leur rythme, en laissant de la place pour la famille, le travail, les autres passions. Pas de compétitions. Pas d’échéances. J’ai carte blanche. Les formules que je propose à distance apportent de vrais « + » pour les curieux, pour ceux dont l’emploi du temps change, pour les compétiteurs, les grimpeurs qui préparent un diplôme, certains guides qui anticipent leur saison. On forme une petite équipe. Vous avez vos échéances, vos contraintes, et je dois caler la planification en fonction. Si souvent je modifie, j’ajuste, je réfléchis (si si !). Voilà l’objet de ces suivis à distance.

J’ai donc laissé mûrir cette seconde idée un peu folle. Aujourd’hui, je propose donc des planifications à télécharger, qui pourront déjà répondre à quelques demandes. Avec le même état d’esprit. Pour l’instant, sont en ligne :

Une planification « découverte »

Une planification « prepa bloc »

Une planification « prepa saison bloc »

Une planification « rési et bloc »

Du grimpeur du dimanche à l’expert qui ne souhaite pas me faire part de ses sensations, en passant par celui (ou celle) qui cherche avant tout à s’entraîner sans forcément comprendre les subtilités d’une planification, ou encore au grimpeur passionné qui justement cherche à comprendre la logique de certains cycles sans s’entraîner forcément, chacun peut y trouver son compte. Bien sûr, il ne s’agit pas de planifications sur-mesure, mais elles ont été réalisées avec soin. Et parfois, ça suffit.

Je vais donc réserver les planifications individualisées aux grimpeurs qui ont des échéances, ou des projets bien déterminés (bloc, falaise, formation, trip, compétitions, etc.). Cela me semble plus logique.

2016 sera une année très importante pour Prépagrimpe (avec de nombreux projets !), je n’oublie pas ceux qui suivent le site et le blog parce qu’il est avant tout gratuit. Mais que ces mêmes-gens n’oublient pas que c’est aussi mon métier. Un vrai métier. Peu commun, mais métier quand même. Dans ces projets, sont inclus les nombreux grimpeurs francophones, évidemment.

N’hésitez pas à parcourir cette page qui rentre un peu plus dans les détails.

Merci à toutes et tous, c’est parce que vous parcourez le site que je fais ce métier merveilleux, que j’ai le temps de l’alimenter et de le faire progresser, à mon rythme ( !) 🙂

Bonne année à toutes et tous !

Thomas

Plat de résistance

Attention cet article risque de heurter la sensibilité des plus âgés. Et des moins âgés aussi.

Face à toutes les études scientifiques, tous les cours enseignés en STAPS, au DE, il ne pèse rien. En tout cas, pas le poids d’un pavé jeté dans la mare. Il s’agit plutôt d’une réflexion, à un instant t. Une plume, qui virevolte. Il me faudrait plumer un canard entier (pour ce thème, peut-être qu’une colombe serait préférable d’ailleurs) pour avoir la masse équivalente en plomb dans la tête.

Qu’est-ce qui pèse le plus lourd entre 1kg de plume et 1kg de plomb ? Comment contenir trop de réflexions dans la petite tête d’un préparateur physique ? Si avoir du plomb dans la tête, c’est faire réfléchir, faire preuve d’une grande intelligence, il me reste une chance : compacter les milliers de plumes, entasser les réflexions plus ou moins légères pour faire face à ceux qui savent, ceux qui affirment.

J’ai l’impression que je suis le seul à avoir des problèmes avec la « rési ». Oui, cette fameuse « rési », celle dont tout le monde parle, qui circule dans les veines du net sans nous laisser respirer. Moi-même, sur le site, je l’évoque, presque trop fièrement. Aujourd’hui, avec un certain sang-froid, me voilà plongé dans mes songes. Entre constats et intuitions. Entre bibliographie et paradoxes de terrain.

Le blog est plus fragile que le site, le subjectif s’y risque. Les articles tremblent plus que les pages. Que se passe-t-il dans la tête d’un « entraîneur » ? Immersion. Avec plongeon…en canard.

1 La rési, canard à l’orange ?

Si on se documente, on se rend compte qu’il s’agit de soutenir un effort sous-maximal (et oui, sinon on tiendrait 5 secondes dans une voie) durant 20 à 40 mouvements. Certains même se paient le luxe de distinguer « rési courte » et « rési longue ».

Concernant les termes qui reviennent régulièrement, on retrouve « ischémie », « acide lactique », « lactate », « hypérémie ».

Autrement dit, avoir de la « rési », c’est repousser les limites du possible, tenir les prises le plus longtemps possible. Période où le grimpeur n’est pas encore dans le rouge, mais où les ailes commencent à s’ouvrir. Orange mécanique.

2 Plat de résistance

Canard à l’orange ou pas, chacun a ses petites recettes, du bon petit plat bien préparé aux salades racontées dans quelques coins (coins) de salles. Chacun ramène sa fraise sur la question. Loin de moi l’idée de vouloir casser du sucre sur le dos des autres (d’autant que l’addition en fin d’article pourrait être salée…), mais quelque chose ne va pas.

Régulièrement, je reçois des mails du genre qui me disent « j’ai vu sur tel ou tel site qu’il fallait faire ça pour travailler la rési. Qu’en pensez-vous ? Combien de fois par semaine ? ».

Ce que j’en pense ? Vraiment ?

Que c’est super. Pour le reste, demandez donc à ceux qui savent. Parce que faire un exercice de « rési » 1 ou 3 fois par semaine, pendant 1 semaine ou 1 mois, ça change tout. Pour progresser, il ne suffit pas de faire, et de se reposer. Il faut apprendre à ne pas faire aussi, à créer des breaks. Des exercices pour améliorer la « rési », originaux et efficaces, ciblés et ludiques, on peut en trouver partout. Les planifier, c’est plus compliqué. Proposer des vidéos, des articles ayant pour titre « comment progressez en rési », sans approfondir, c’est comme écrire « comment perdre du poids », en listant tous les fruits et légumes dans un article. Ça ne suffit pas.

En même temps, s’il existait une recette miracle, ça se saurait (si c’est le cas, faites-moi signe !). Un brin d’amertume dans la réflexion ? Peut-être, j’ai toujours préféré les oranges sanguines.

Duck a l'Orange

3 Troubles de l’esThomas ?

La « rési » est vraiment un plat indigeste. D’ailleurs, quand j’échange avec certains grimpeurs de haut niveau, je me rends compte que beaucoup ne savourent par la « rési » au meilleur moment. Et ça me rassure, car cela signifie que les autres entraîneurs étoilés peuvent aussi rater leur sauce piquante. Je vous tiens en haleine, n’est-ce pas ?

Revenons à nos moutons (ceux qui suivent se rendent compte à ce moment précis que le canard a disparu, comme par magie. Mais quel a été le mot magique !?).

La « rési » me questionne depuis un moment, vous l’avez compris. En toute sincérité, voici en exclusivité mes deux dernières indigestions, de quoi en faire tout un fromage au lait de (deux) brebis (qui avaient d’ailleurs en commun une vraie crainte du froid de canard).

Le coup du bélier : quand brebis blonde m’a annoncé son projet, j’ai foncé, tête baissé, et je lui ai proposé un cycle de « rési » assez rare dans mes planifications, car normalement amené plus en douceur (rien ne vaut une bonne salade). Ce fut un échec total en termes de sensations, alors que j’avais envisagé une surcompensation digne d’un bouc. Heureusement, à la fin du trip, brebis blonde a « perfé ». Effets du cycle ? J’y reviendrai, justement.

Le mouton de Panurge : rien de pire qu’une brebis qui suit son berger aveuglément, sans voir le grand méchant loup pourtant bien présent dans les parages. La « rési », c’est mon loup blanc. Alors, après un an d’entraînement prometteur, j’ai enclenché la vitesse supérieure avec brebis brune sur la seconde année. Rien ne s’est passé comme prévu (= bien préoccupant), pas quand je l’avais imaginé en tout cas. Parce que les résultats ont bien fini par arriver. Effet des cycles ? J’y reviendrai, justement.

Avec le reste de la bergerie : évidemment, certains grimpeurs font office de « cobayes », et les compétiteurs acceptent aussi le jeu du « risque ». Voilà pourquoi je me permets de prendre certains risques avec eux. Et ils le savent, au moins inconsciemment. Faire 15ème en coupe du monde toute l’année, ça ne sert à rien quand on est compétiteur. Mais faire une finale dans sa saison, c’est génial. Alors, sans me jeter dans la gueule du loup, je suis plus prudent avec tous les autres. Et en général, ça se passe bien, tout le monde semble progresser, y compris en « rési ». Effet des cycles ? Oui. Des cycles moins soutenus. Mais j’y reviendrai.

Troubles de l’esThomas donc, car quelques incompréhensions (cela dit, les femmes réagissent rarement comme les hommes, au moins dans l’entraînement…). J’ai essayé de comprendre. Et puis il faut admettre, se remettre en question, et aussi avouer quand ça ne se passe pas comme prévu. Avant de poursuivre sur cette thématique, j’en profite pour rappeler qu’un suivi en préparation physique n’a rien de magique, que les magiciens ont toujours des « trucs ». Pour le coup du canard qui s’est transformé en mouton, c’était le cas. Si, si…

4 Eplucher la grimpe

Evidemment, on ne peut évoquer une discipline sans employer les termes d’anaérobie alactique, lactique, ou aérobie. On parle aussi d’endurance locale, générale, ou spécifique, en fonction du nombre de groupes musculaires impliqués dans l’effort. Dettes d’oxygène, déficit, ATP, lactates, mitochondries, tout y passe. Des dizaines de mots se greffent à toutes ses filières. Elles sont importantes, elles aident à planifier, à raisonner, à analyser. Alors, un jour, on a décidé de décortiquer la grimpe, en faisant référence indirectement à ces filières : force, rési courte, rési longue, conti…

Aujourd’hui, bon nombre de grimpeurs attachent une importance démesurée à ces mots. Jusqu’à se limiter inconsciemment dans leurs performances. Je me limiterai ici à l’escalade de difficulté (on pourrait écrire un article sur le bloc).

« Je ne me sens pas au top en rési », « mes avant-bras sont un peu durs », « je ne me sentais pas bien à l’échauffement ». Bienvenue dans le monde de l’anti-performance. Car, il faut être lucide sur la question, beaucoup de grimpeurs partent dans leur voie en ayant en tête un seul mot : « rési ». Et lorsqu’elle ne semble pas être au rendez-vous, c’est l’échec mental et physique.

C’est un véritable problème, car à force d’éplucher notre discipline, on finit par en oublier le principal : le bloc n’est pas de la force, la voie n’est pas que rési ou conti. C’est une activité globale, et il ne faut en aucun cas l’enfermer dans une case. C’est étrange, car tout le monde en a conscience à l’entraînement, mais en compétition, les jolies conceptions s’envolent.

Aujourd’hui, avant même de rentrer dans le vif de la réflexion, il faut remettre de l’ordre dans tout ça. Le niveau en « rési » ne dépend pas uniquement de ce que vous avez fait à l’entraînement, des circuits ultra difficiles qui vous ont parfois donné envie de vomir : sommeil, alimentation, étirements, mental, style d’ouverture…et j’en passe, car question cuisine du monde, je ne suis pas spécialiste. Poussons la réflexion encore plus loin.

5 Canard lacté

Ah…ces fameux lactates…ils nous suivent partout (de vrais moutons) ! Seulement voilà.

Brebis blonde, en une journée sur le trip (bizarrement la dernière) a égalé sa 2ème performance, et réalisé sa meilleure cotation, en pouvant se payer le luxe de réaliser plusieurs essais durant la même journée (en ayant l’impression paradoxalement d’être nulle en rési).

Brebis brune, notamment sur une coupe du monde en particulier, dès la 2ème voie de qualification, s’est empressée de prononcer ces mots : « je suis tombée, j’étais pétée, ça m’énerve ». Résultat : une super voie demi, et une belle place en finale. Sa meilleure performance jamais réalisée.

Dans les deux cas, j’ai jeté de l’huile sur le feu. Je suis convaincu que les performances de ces 2 jours-là n’étaient pas le fruit d’un entraînement particulier en « rési », mais d’une manière de penser qui a changé au bon moment. Peu importe ce que j’ai dit, n’importe qui aurait pu « rentrer dans le tas » (que les brebis me pardonnent, je ne souhaite en aucun cas les comparer à des tas).

Justement, voici une réflexion à propos de la « rési » (on y arrive !). Elle n’a rien de scientifique. Une prise de recul évidente, un moment passé en compagnie de mon cerveau emplumé, trop habitué à faire des planifications aux petits oignons.

Le niveau en « rési » :

S’il est évident qu’en travaillant la planche, la fermeture de bras, la tenue de prise, on finit par surcompenser, voire progresser lorsque la planification est efficace, ce n’est peut-être pas le cas en « rési ».

Peut-être (encore une fois, c’est une réflexion), peut-être donc que pour la « rési », nous avons un niveau initial et qu’en pensant l’améliorer, nous ne faisons en réalité que le retrouver. Plus précisément, vous commencez l’escalade, au bout de peut-être 2 ans, vous allez naturellement progresser en « rési », sans trop la travailler parfois. C’est ce niveau initial-là dont je parle, appelons le niveau 0. Pour le travail de force, au fil du temps et de l’entraînement, vous allez passer facilement au niveau 1, puis 2, puis 3 etc. Mais pour la « rési », le fait de grimper, d’épuiser régulièrement vos avant-bras, va fatiguer votre organisme, vous allez descendre au niveau -1, -2, -3 etc. Ceci est aussi largement possible d’un point de vue scientifique, puisque l’isométrie (donc la tenue de prise) doit toujours être couplée à du concentrique. En escalade, c’est délicat, car les tendons, poulies et gaines, supportent mal ce travail (il est d’ailleurs responsable de nombreuses blessures). Donc en travaillant la « rési », on ne fait en réalité que fatiguer le muscle de manière exagérée. Comme il ne s’agit pas d’un travail « nerveux », de type force maximale, on épuise les réserves. Le corps peut réagir à ce genre de planification, bien sûr, en progressant en volume de grimpe : moins de fatigue dans la séance, donc meilleur travail possible.

Et quand on se sent vraiment fort en rési, est-ce lié à ce travail spécifique ?

Plus les années passent, moins j’en suis convaincu. Le travail de la « rési » ne permet que la préparation à une plus grande intensité, car meilleure récupération entre les essais et les séances comme je l’évoquais précédemment. Cette surcompensation, qui permet au corps de revenir à son niveau 0, faciliterait donc le retour des sensations, et permettrait de supporter plus facilement entraînement et performances.

Le but, pour arriver en forme, n’est pas de progresser, mais de revenir à un état de fatigue optimal, proche du niveau 0. Voilà pourquoi certaines méthodes d’entraînement épuisent les organismes toute l’année, pour alléger les séances avant une échéance importante. Cela réduit le niveau de fatigue pourtant volontairement souhaité le reste de l’année. Seulement voilà, je suis contre, car cette méthode ne convient pas à tout le monde, il augmente par exemple considérablement le risque de blessure, ne permet pas un niveau de vigilance idéal tout au long de l’année (freine l’entraînement mental), il entraîne chez certains sportifs une fatigue mentale l’enfermant dans une mono-activité (forcément, il n’a plus le temps de faire autre chose), et implique un suivi médical important. Si vous laissez une contracture s’installer dans les fléchisseurs des doigts, c’est le drame, et vous aurez beau alléger le volume avant une compétition, il sera trop tard. Cette méthode, bien connue, où on privilégie le volume de grimpe à la qualité, est réservée à tous ceux qui l’acceptent, qui ont le temps de grimper, et qui sacrifient vie de famille, professionnelle, voire personnelle… Cela dit, quand ça fonctionne, ça fonctionne.

Comment travailler la « rési » de manière qualitative ?

Sur du court terme (1 mois environ), quand on connaît bien le grimpeur, c’est assez « simple » à mettre en place, car avec un peu d’expérience on finit par maîtriser les effets des séances calées les unes par rapport aux autres, les unes après les autres, en mélangeant blocs et voies, et en mixant différentes qualités (explosivité, tenue de prise, gros muscles etc.). Sur prepagrimpe.com, vous trouverez d’ailleurs une analyse d’un cycle d’isométrie totale. Il manque les séances de grimpe, mais c’est typiquement du court terme, pour revenir le plus proche possible de son niveau initial (donc je dirais que ce cycle ne l’a pas fait progresser, mais juste récupérer…).

Si on fait un cycle éprouvant, quel seront les effets ?

Chez bon nombre de grimpeurs, je remarque que le gain est surtout en volume de grimpe, c’est-à-dire pouvoir grimper sans trop ressentir la fatigue (c’est rentable, 6 séances de « rési » en 3 semaines pendant le cycle, avec des repos très courts). Mais ce qui importe beaucoup, c’est ce qui se passe après le cycle (créer notamment un break de « rési », ne pas faire cramer les avant-bras, avec un retour progressif aux voies de niveau max avec de longs repos cette fois). Ça fonctionne pour tout le monde, cette histoire de volume de grimpe.

Mais pourquoi certains repoussent aussi leurs limites en « rési » ?

1 Effet mental, si on s’attend à progresser, on progresse car on déverrouille un blocage.

2 J’ai essayé de comprendre, via les planifications, ce qui pouvait se passer réellement. Aujourd’hui, je rejoins en partie (oui, en partie) une théorie avancée en préparation physique. Pour tenir plus longtemps un effort soutenu, il faut améliorer la force maximale. Si on est plus fort, on tient plus longtemps. C’est faux certaines fois (notamment avec ces fameuses histoires de filières énergétiques), mais pour les fléchisseurs des doigts, ça pourrait déjà expliquer un peu la progression. Gagner en tenue de prise permet de moins serrer, et donc de moins forcer, et donc de gagner quelques mouvements. Pourquoi pas. Finalement, on dit souvent qu’il est intéressant de travailler la force de doigts avant de faire de la rési. En fait, je pense que le gain en « rési » sera lié assez directement au travail de force, bien plus qu’au travail de la rési du coup.

3 Le travail de la rési permet donc de regagner en volume de grimpe. Et le placement des séances de grimpe et préparation physique permet de retrouver ce niveau 0. C’est la base, mais il faut de l’expérience pour y parvenir de manière qualitative. Donc le retour au niveau 0 peut être fait de différentes manières, même sans réussir à planifier avec précisions les séances.

Le concentrique léger : j’ai essayé (je garderai le protocole secret jusqu’à sa validation, c’est-à-dire quand j’aurai des données fiables sur au moins 100 grimpeurs !!!) de caler du concentrique léger au niveau des fléchisseurs des doigts, pendant une séance de rési, ou d’isométrie totale. Le but : vasculariser les muscles au maximum. Sur moi, l’effet est prodigieux, et j’ai atteint un niveau de performance jamais égalé sur ma prise de référence. D’une prise que je tiens habituellement 1 minute environ (au maximum 1min15), j’ai effectué un test (pour les anorexiques, je l’ai fait avec en plus une prise de masse non négligeable !) à la suite de ce protocole. Bilan, j’ai tenu la prise 1min45. Oui, vous allez me dire, l’impact psychologique est important. Oui. Alors je l’ai aussi testé, de manière moins protocolaire, chez brebis brune, juste avant la dernière coupe du monde. L’idée était de caler des séances à court terme, voies et blocs, et de rajouter ce petit travail de vascularisation. J’ai reçu ce sms après la coupe du monde (et 2ème finale de sa jeune carrière) : « pour info, au niveau rési et sensation, cette étape a été la meilleure de la saison ». Etonnant non ? Parce que le dernier vrai cycle de « rési » a été fait plusieurs mois avant. Et humainement, j’étais assez distant depuis 2 mois dans son entraînement, en partie pour ôter cette « dépendance » à l’entraîneur. Sans même lui expliquer quoique ce soit (et dans sa tête, elle savait bien que cette histoire de « rési » me préoccupait…), on a retrouvé le niveau 0 sur cette dernière étape.

Le reste : le rapprochement est évident avec l’année précédente, où je n’ai volontairement pas (presque pas) touché à la « rési » avec brebis brune, me contentant de gérer la fatigue nerveuse, et d’accorder du vrai repos dans les voies. Ce qui ne l’a pas empêché de faire de jolies place en coupe du monde (entre 10ème et 16ème)…le tout en faisant seulement 12 séances de rési seulement pour préparer toute une saison de coupe du monde. Cela signifie donc qu’elle était souvent proche de son niveau 0. Alors, la qualité prime sur la quantité. Et il existe bien d’autres pistes pour repousser ses limites en « rési » : gainage (meilleur optimisation des membres inférieurs), tenue de prise bien sûr (de manière modérée), prise de force notamment au niveau de l’épaule, alimentation, étirements bien placés, bonne hydratation etc.

6 Conclusion aux petits oignons

Voici donc où me mènent aujourd’hui mes réflexions : ce n’est pas en travaillant la « rési » qu’on progresse en « rési ». D’un côté, c’est absurde, car on ne peut progresser en voie en ne faisant que du bloc. Et ce n’est pas ce que j’ai écrit. En dosant les séances, on peut retrouver ce niveau 0. Je pense même qu’on peut atteindre un niveau 1, voire 2, avec d’autres exercices éloignés des circuits et autres voies fatigantes. Il faudra de nombreuses années pour en avoir le cœur net, quelques erreurs aussi, mais je ne compte pas m’arrêter en si bonne voie.

Ce qui est certain, c’est qu’il faut arrêter de raisonner en « rési ». Le jour J, elle ne fait pas tout, bien au contraire. Lui accorder de l’importance, surtout quand elle n’est pas au rendez-vous, c’est déjà échouer. Tout miser sur elle quand elle est bien présente, c’est risquer les erreurs (excès de confiance). L’escalade est une discipline complexe, globale. Cessons de mettre des cases, des étiquettes inutiles, des barrières.

Il n’existe aucune vérité à ce sujet, aucun entraînement miracle. Aujourd’hui je comprends pourquoi dans d’autres disciplines les préparateurs physiques ne touchent pas à « l’endurance musculaire », et qu’ils laissent faire les entraîneurs. Parce que dans les facteurs de progression, on trouve largement la tactique et la technique. Parce que le physique, encore une fois, n’explique pas tout, et il ne suffit pas.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas travailler la « rési ». Que ce soit clair. C’est une réflexion. A un instant t. Que personne n’essaie de me plumer, que les prises de becs restent à l’écart !

Avez-vous remarqué que certains grimpeurs arrivent à performer en voie alors qu’ils se plaignent de n’avoir pas pu s’entraîner (le copain de brebis blonde ?!) ? Gardez-le dans un coin de votre tête, ce niveau 0 !

Avez-vous remarqué que certains grimpeurs pouvaient performer en bloc et en voie ? Moi je crois qu’il est donc largement possible d’être à la fois très fort en bloc et en voie. Je crois même que c’est indispensable. L’avenir de la difficulté, c’est peut-être de gagner en « rési » par la force, et d’apprendre simplement à gérer le retour au niveau 0. L’avenir de l’avenir, c’est d’être capable d’aller au niveau 1, puis 2. Le plus difficile n’est pas de trouver le bon protocole, mais de l’associer avec une parfaite connaissance du retour au niveau 0 en dosant les séances.

En fait, quand je vois des grimpeurs qui s’auto-entraînent, et qui réussissent, je me dis que c’est peut-être ça, le futur. Car jamais un entraîneur ne pourra ressentir à votre place. Jamais il ne pourra connaître votre état de fatigue réel, physique et mental.

En fait, la « rési », on s’en moque.

Prepagrimpe : résolument amateur !

Certains me l’ont fait remarquer, j’ai supprimé du site (depuis plusieurs mois) la page présentant les « meilleurs » grimpeurs, ces sportifs de haut niveau, ceux qui me font confiance, ou qui m’ont fait confiance. Sur Facebook, j’évoluerai aussi dans ce sens (je ne partagerai plus leurs news), pour différentes raisons.

D’une part ces sportifs n’ont pas besoin de moi, ils ont leur propre site, leur page athlète, des médias à leur disposition. Une photo avec maman, une croix en falaise ou en compétition, ce n’est pas à prepagrimpe.com de relayer l’information.

Seconde raison, je me rends compte (bien tardivement) que c’est finalement un manque de discrétion que de communiquer sur ces suivis. Après tout, ils sont libres de le faire eux-mêmes sur leur site personnels. Chacun doit rester à sa place. Moi, j’aime l’ombre.

Troisième raison, c’est le mercato ! Changements effectués ou à venir, je n’ai pas envie d’expliquer à tout le monde le qui quoi comment pourquoi. Tout le monde s’en moque, mais vous savez tous qu’on pose parfois des questions par politesse, ou pour engager la conversation. Moi, je suis dans le rôle de celui qui vous répond, alors que vous vous en moquez souvent ! Et finalement, ça m’énerve aussi de raconter comment s’est terminée une histoire d’entraînement, comment, pourquoi, et depuis combien de temps. Cela vaut aussi pour un démarrage de suivi.

Dernière raison, j’ai pris conscience que ces sportifs-là, ne me font pas plus rêver que les autres. Parfois même, ils ne me fréquentent que « par intérêt ». Cela signifie avant tout que le jour où je ne les prépare plus, je disparais de leur vie, du jour au lendemain. Pourquoi mériteraient-ils plus d’importance qu’un Brice de Corse, un Péo de Toulouse, ou un JC de Bleau ? Pour la publicité qu’ils me font ? Autre débat…que je n’aborderai pas ici.

Suivre des compétiteurs me fait plaisir, parce que je continue à apprendre, et que c’est passionnant de réfléchir sur ce qui fonctionne, et ce qui ne fonctionne pas. Et comment ça fonctionne. Bien sûr, certaines histoires, humainement parlant, sont plus riches que d’autres. Mais…encore une fois, rares sont ceux à pouvoir me prouver leur pérennité une fois notre collaboration terminée !

En ce sens, leur vie n’intéresse pas prepagrimpe.com (mais elle m’intéresse à titre personnel bien sûr !).

Récemment, j’ai ressorti d’un tiroir les derniers films de Patrick Bérhault, La cordée de rêve, et Sur le fil des 4000. Un mot, particulièrement, a enchanté ma soirée. Un mot oublié, un mot dont on croit connaître la définition, et qui cache en réalité si bien son jeu : « amateur ».

Est-ce par pure modestie qu’un tel alpiniste se caractérisait ainsi ? Bérhault, un amateur ?

Ce mot est devenu péjoratif, dégradant, car toujours opposé à « professionnel ». En sport, pire que cela, on considère que l’amateur n’a pas suffisamment d’expérience, de connaissances, ou de compétences.

En tapotant sur la toile, on redécouvre que même les Jeux Olympiques ont été réservés pendant longtemps aux vrais amateurs (ah ça, je l’avais vraiment oublié…). Ceux qui ne touchaient pas d’argent bien sûr. Certains ont perdu leurs médailles pour avoir été payé quelques mois plus tôt.

L’amateur, c’est avant tout le passionné, celui dont la motivation ressort avant tout de la passion, oui.

Bien sûr, on peut se poser certaines questions. Faut-il vivre de sa passion ? Qu’est-ce qui changera ? Qu’est-ce qui ne changera pas ? Ou encore…quand l’argent prendra-t-il le dessus sur la passion ? Je me suis posé ces questions, au bon moment, avant de proposer sur le site des suivis personnalisés. Certaines choses évoluent, et largement dans le sens de l’amateurisme.

Finalement, les grimpeurs de haut niveau sont souvent des amateurs, non ? Pourquoi mériteraient-ils plus de place que les autres sur prepagrimpe ? Chacun pourraient répondre à se manière. Méchamment (à mon égard) : pour la publicité. Méchamment (à leur égard) : pour flatter leur Ego. De mon côté, j’ai fait un choix. Nous sommes tous des amateurs. Et sur ce plan, nous avons donc tous le même niveau.

Prepagrimpe est un site (un peu) à mon image. Mais il n’est pas moi. Pas le préparateur ou l’entraîneur.

Relation entraîneur – entraîné(e) : quand la flamme s’éteint…

Respect, passion, admiration, c’est parfois la recette d’une réussite, d’une performance. Si dans les médias on parle peu des entraîneurs, c’est un sujet omniprésent dans le milieu sportif, et une thématique souvent abordée en préparation mentale (si si, il y a des conflits).

Un entraîneur peut être choisi, rêvé, voulu, imposé, évident, ou parachuté par défaut au milieu d’un groupe. Bénévole, salarié, indépendant, peu importe… sa raison d’être : atteindre les objectifs fixés par une équipe, un club, un sportif, une ligue.

Evidemment, en commençant l’article de cette manière, ça sent le traquenard ! Pourtant, je commence à recevoir quelques mails sur la relation entraîneur / entraîné(e). Si j’essaie d’y répondre humblement à chaque fois, je me dis aujourd’hui qu’il est peut-être temps d’aborder le sujet, avec un angle qui me tient à cœur. Forcément. L’humain.

L’image de l’entraîneur

Le bon entraîneur, le seul d’ailleurs dont on parle à la télévision, est évidemment charismatique, autoritaire. Et lorsqu’il n’est pas bon communiquant, on s’amuse malgré tout de quelques phrases, de quelques expressions absolument pas spontanées, celles qu’on prononce en conférence de presse, qui montrent à quel point le sujet du jour a été travaillé. Rugby, football, handball, bien sûr. Et qu’en est-il des sports individuels ? De qui entend-on vraiment parler ? De qui a-t-on entendu parler ? Sur les ondes. Pour de vrai ? Je pense à Philippe Lucas (encore lui ?!), à Yannick Noah. Par exemple. Le second m’intéresse. Je ne le connais pas, mais j’ai l’image du coach sympa, humain, un papa d’équipe. Alors voilà, on touche du doigt un point sensible : et si les entraîneurs pouvaient aussi fonctionner à l’affectif ?

Non, le bon entraîneur n’est pas spécialement attachant. Il est craint, respecté et distant, mais il sait mener les hommes, soulever les foules. Parce que, être humain, trop, c’est se rendre indispensable, c’est parvenir à atteindre des objectifs via « l’humain » justement, c’est imposer un comportement positif en retour. Quelle catastrophe dans le monde de l’entreprise ! Imaginez un manager fonctionnant à l’affectif. Les quelques salariés blasés et fatigués se mettent soudainement à le suivre, ils se retrouvent dans une énergie nouvelle, belle, qui profite à tout le monde. Sauf au grand patron, qui pense évidemment que lorsque son manager chouchou sera parti, si son remplaçant ne fonctionne pas de cette manière, les salariés vont retomber plus bas encore qu’ils ne l’étaient. Phrase lourde, très lourde d’ailleurs. Pour montrer à quel point je suis mal à l’aise avec ce point de vue. Et si c’était vrai ? Et si les entraîneurs devaient fuir « l’affectif ». S’ils devaient simplement se contenter de fêter les victoires ?

Un jour mon patron m’a offert un livre, une sorte de message qui disait : « vas-y, continue ». Cet ouvrage aborde le management émotionnel. Alors, c’est ça que je fais moi ? C’est comme ça que j’entraîne aujourd’hui ?

Erreur ?

Le bon entraîneur est reconnu. Télévision, radio, presse écrite. Il dit de jolies paroles. Je repense à Yannick Noah. Pourtant, lui, il a l’air de fonctionner à l’affectif, non ? Je me souviens de Forget, à l’époque. Leur relation transpirait l’amitié, ou un truc dans le genre, n’est-ce pas ? Noah, exception à la règle ?

Peut-être. En même temps, je ne le connais pas. Entre l’image et la réalité…

Les bons entraîneurs, comme les bons managers, font preuve d’assertivité. Un mot tout droit sorti de cours d’écoles supérieures. Presque inventé pour eux ? Fonctionner à l’affectif, c’est échouer dans l’assertivité (difficultés à se faire respecter notamment ?) ? Questions stupides. Le bon entraîneur ne se les pose même pas. Son talent naturel, son charisme, ses compétences (néanmoins travaillées), son expérience, tout cela le rend bon.

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Vos messages, mon expérience

J’ai retenu trois « profils » intéressants dans les mails reçus.

Le premier, c’est le cas typique de l’étudiant en STAPS, habitué à entendre parler d’entraînement, formé lui-même à diverses méthodologies. Que faire quand on a l’impression que son entraîneur fait n’importe quoi ? Quand on n’est pas d’accord avec lui ?

Le second, c’est celui qui veut comprendre, tout le temps, tout. Et qui reproche à son entraîneur de ne pas prendre le temps pour lui expliquer sa planification. Pire. Il doute. Il se demande s’il sait vraiment ce qu’il fait, si ce n’est pas un pilotage automatique, acquis depuis des années, dépassé.

Le troisième profil, typiquement féminin, c’est l’entraîneur distant, trop distant. Ou pas assez ami. Pas assez confident.

Dans tous les cas, il manque un élément important : la flamme. Ce petit feu intérieur. Cette chaleur qui rassure, réconforte, protège.

Aujourd’hui, je reçois et comprends vos mails. Parce que je ne suis pas ce bon entraîneur. Parce que, comme vous, il m’arrive de douter (ah les bons entraîneurs ne doivent jamais montrer qu’ils doutent !). De moi. De vous (eh oui…). De nous.

Je pars du principe que le bon entraîneur est un miroir, qui renvoie une autre image de vous, en disant « vas-y, regarde, tu es capable de faire ça, d’arriver là ». Il faut travailler pour arriver à renvoyer cette image, juste. Il faut aussi que le sportif trouve la bonne distance pour se regarder, celle qui lui convient, qu’il accepte.

Il me faut des émotions, belles (étrange de dire ça en fonctionnant à 90% à distance !? Réponse un peu plus loin, suivez-bien !). Plus ou moins intenses. Certains sportifs s’approchent très près du miroir, en comprenant vite qu’il ne faut quand même pas toucher la glace qui risquerait d’éteindre le feu. Et puis, s’approcher, c’est aussi risquer de ne plus se voir entièrement. Les entraîneurs sont là pour vous rendre plus beaux, plus belles (comme ABK, mais en plus fort !). Parce qu’il faut se rendre à l’évidence, si on veut briller en compétition, c’est souvent pour flatter son ego, pour nourrir l’estime. Cette flamme, dans votre cœur (ou votre corps), est nécessaire. Quant à sa taille, sa forme, sa couleur, sa vivacité, il n’existe aucune règle. Simple lumière qui fait briller les yeux ou feu chaleureux pour les plus frileux, chacun a besoin d’une flamme. Sinon, pas de performance.

J’ai déjà laissé s’éteindre des flammes (attention, rien de forcément malsain !) C’est ce qu’on appelle l’expérience…et quand on touche aux émotions, c’est plus compliqué. Oui, en entraînant à l’affectif, on arrive rapidement à de jolies performances. Mais c’est parfois éphémère. C’est le jeu. Et il faut être honnête avec les sportifs (même s’ils ne vous croient pas tout de suite). On vit de jolis moments, on se rend forcément un peu indispensable, on les laisse s’attacher. Tout ce qu’il ne faut pas faire dans le monde professionnel. Parce que, en effet, quand on s’en va, quand on est muté, quand on arrête, quand les performances baissent, tout s’effondre. Le miroir n’a plus aucun intérêt, celui qui était si important devient inutile. Finalement, c’est bien de travailler à distance du coup (<<<<< !!!) ! Il n’est jamais bon d’être un entraîneur-ami. Pas durablement en tout cas. Il faut faire un choix, l’un puis l’autre, l’un ou l’autre. Et souvent, après l’expérience sportive, il ne reste plus grand chose (enfin, pas tout le temps…). Parce que l’amitié créée était évidemment celle d’un sportif (ou d’une sportive) et d’un miroir. Heureusement, les entraîneurs ont le pouvoir de sortir du miroir parfois !

Après cette dose sentimentale, oscillant entre le 7ème et le 9ème degré, il est temps d’apporter quelques solutions intéressantes, quelques compromis. A noter, le bon entraîneur sait faire la part des choses, parce qu’il peut aussi être ami quand il le faut… (ou amant, parfois, si si…mais dans ce cas il n’est plus aussi bon alors… ?).

Comment créer / entretenir la flamme ?

Vous n’avez plus confiance en votre entraîneur ? Vous n’avez aucun plaisir à venir à l’entraînement ? Et en même temps…vous n’avez pas vraiment le choix (c’est celui du club, de l’équipe etc.) ? Faut-il voler de ses propres ailes ? Demander à un ami (ah ah, cette fois c’est lui qui devient entraîneur, pas l’inverse) ?

1 L’entraîneur n’est pas un dictateur, sauf sur son terrain de jeu favori (parfois)

Proposez-lui un entretien hors salle de grimpe, allez boire un verre, sortez du contexte. C’est à ce moment-là que vous allez pouvoir parler sereinement des différents sujets. Si vous êtes mal à l’aise en face à face, optez pour un banc, c’est plus facile de discuter, côtes à côtes.

Autre point qui me semble essentiel : prenez des notes, gardez une trace, même minimaliste de votre entretien.

2 Surprenez votre entraîneur

Montrez que vous êtes aussi impliqué pleinement dans votre réussite. Il ne s’agit pas de dire (ou de valider) : « je veux faire un podium à telle ou telle compétition ». Parlez-lui d’une somme conséquente d’objectifs (mentaux, comportementaux, tactiques, techniques). Non seulement il va vous répondre, mais ça peut lui donner des idées. Et surtout, il va devoir composer avec pour construire les séances. Ce sera un challenge, pour lui aussi. Et lorsque la pression est importante (au niveau des résultats), ça permet de montrer qu’on progresse malgré tout, dans d’autres domaines.

Exemple : « j’aimerais arriver à grimper sans me sentir jugé(e) par les autres compétiteurs ». Si vous ne dites rien, s’il ne remarque rien, si vous n’allez pas vers lui, votre entraîneur ne fera rien.

3 Définissez de vrais objectifs, en commun

Ce n’est pas à lui de les donner, ni à vous de les imposer. Il faut forcément un échange. Encore une fois, il faut s’imposer de sortir du cadre habituel. Perturbez-le, parlez d’objectifs et de rêves, à court, moyen, ou long terme. Faites preuve de maturité, bousculez-le, posez des questions étranges, du genre « quel avantage pourrais-je avoir à ne pas atteindre cet objectif ? ». Ce sera forcément constructif.

4 Débranchez le cerveau, ou activez-le

Si vous doutez de ses compétences, deux options :

  • Laissez-lui un peu temps. Si ça ne convient pas après une saison, passez au point suivant.
  • Soyez force de proposition, appuyez-vous sur vos ressentis, votre expérience, soyez précis (ressortez vos carnets d’entraînement), proposez des modifications, des améliorations. Attention, il faut y aller en douceur et ne pas dire « laisse-moi faire ». Ne pas dire « j’ai lu que », ou « on m’a dit », mais assumez : « l’année dernière, j’ai fait ça et… ». Si l’entraîneur se bloque, essayez de comprendre pourquoi.

5 Faites un(des) projet(s)

Attention, un projet n’est pas forcément un objectif. C’est le chemin pour y parvenir. En début de saison, ou pour préparer la suivante. Projetez-vous dans un monde idéal, sans limite, avec votre entraîneur : matériel, lieu, compagnons de route etc. Des idées, parfois peu nombreuses, vont se dégager. Si elles ne sont pas forcément réalisables, vous allez vous rendre compte que d’autres vont émerger. Abusez largement des métaphores, trouvez un nom d’équipe, créez-vous un monde à part, source d’allusions en tous genres. Même à l’âge adulte, c’est bénéfique.

 

En résumé, la base, c’est de sortir du contexte habituel, ce qui vous permettra d’échanger plus librement. Communiquer, c’est essentiel, et si on ne dégage pas du temps pour cela, c’est l’échec assuré. L’un s’écrase, l’autre impose. L’un se rebelle, l’autre explose.

Et si votre entraîneur est fermé à la discussion ?

Alors, oui, dans ce cas, franchement, volez de vos propres ailes. Parfois, on avance plus vite par conviction que par méthode imposée…

Et en réalité, je crois que le bon entraîneur n’existe pas. Si vous êtes froid, il sera distant avec vous (bien sûr, il aura quand même tenté de vous distraire un peu pendant quelques temps !). Si vous êtes dynamique, il deviendra souriant. Si vous êtes curieux, il abusera de l’humour. Etre miroir spécial, ce n’est pas simple. Mais nous restons des êtres humains. S’il n’est pas toujours facile de recevoir des conseils de la part de quelqu’un qui ne fait parfois pas le 10eme de ce que vous faites, il faut cesser d’idéaliser ou de craindre. D’admirer ou de critiquer.

Une petite flamme vaut parfois mieux qu’un beau grand feu brûlant, que de toute façon s’épuisera. Soyez égoïstes, soyez compétiteurs, soyez beaux. On est là pour ça, le temps qu’il faudra. Et après… et après ? Combien sont ces sportifs capables de prendre un peu de produit et un chiffon ?

Manque de temps ? Apprenez à optimiser les séances

Dans les ouvrages spécialisés, sur la toile (sur Prepagrimpe aussi !), on trouve de nombreux conseils, qui laissent place dans un coin de sa tête à de jolis projets, des réminiscences du printemps dernier, des yeux pétillants. Voilà, c’est la rentrée, et vous êtes plus motivé que jamais pour atteindre vos objectifs !

Seulement voilà, vous avez un métier, une famille, des amis en dehors de l’escalade, une comptabilité à tenir, des cours de théâtre, des courses à faire, des travaux dans la maison… le moral en prend un coup, les jolis projets se transforment en rêves. Bienvenue dans la vraie vie.

Alors, peut-on quand même tirer profit des séances de grimpe, ou de préparation physique ? 10 règles à appliquer.

1ère  règle : l’intention

C’est une règle d’or pour progresser. Voulez-vous essayer ou réussir ? Tenter ou passer ? Mettez toutes les chances de votre côté. Se dire qu’on veut y arriver ne suffit pas toujours à atteindre un but, mais cela suffit largement pour expliquer un manque de performance !

2ème  règle : le plaisir

L’entraînement, même « haché », déstructuré, ne doit pas devenir une contrainte. Si vous aimez avant tout papoter avec vos amis, vous étaler sur les tapis, donner et prendre des nouvelles, ça risque d’être compliqué. Mais si vous lisez cet article, c’est quand même qu’il se passe un petit quelque chose en vous à propos de l’entraînement. Dans ce cas, priorité au plaisir. Il vaut mieux 30 minutes un peu sérieuses et 1h30 de discussion, que mettre 1h15 à vous échauffer, et faire n’importe quoi après. On peut se faire plaisir en s’entraînant un peu, ou beaucoup. Le plaisir d’être là, de grimper, d’être entouré…est essentiel !

3ème  règle : la lucidité

Sachez voir ce qui ne va pas, et ce qui va bien ! Si vous n’êtes pas en forme, acceptez-le, c’est peut-être normal après tout ? Si vous passez votre soirée à vous écorcher, vous tordre la cheville, vous cogner…vous êtes tout simplement fatigué. N’en faites pas trop, les séances plus « cool » sont aussi importantes, elles permettent de progresser, de transférer ce que vous avez travaillé durant les séances précédentes. Et quand on grimpe peu, on peut descendre bien bas. Etre lucide, ce n’est pas seulement dans sa grimpe, c’est aussi dans son ressenti.

Concept Cartoon Illustration Set of Funny Men or Businessmen Characters and Business Metaphors

4ème  règle : la rigueur

Dans ce cas, la rigueur prend un sens particulier. Si vous grimpez peu, si vous avez la tête ailleurs, alors soyez attentif à un point important : notez tout. Tout. Quelques mots, quelques cases sur Excel, sur un carnet, peu importe. Tracez vos séances. Car même si vous vous dites que vous vous souviendrez de ce que vous avez fait, je vous laisse 3 semaines pour être perdus ! Quand avez-vous commencé cet exercice au fait ? Depuis combien de semaine ai-je arrêté mon cycle de rési ? Soyez bon. Rigoureux avant tout.

5ème  règle : la qualité

C’est avant tout pour la préparation physique. Peu importe si vous ne pouvez travailler qu’un point en particulier, si vous n’avez que 30 minutes pour vous suspendre. Il vaut mieux faire 3 répétitions avec de vrais repos, que 12 en puisant dans les réserves. Vous voulez progresser en force max ? Contentez-vous de 3 ou 4 répétitions, avec 3, 4, 5 minutes de repos à chaque fois. On reparle de tout à la 8ème règle !

Concernant la grimpe, même état d’esprit. Vous voulez vraiment progresser en tenue de prise ? Allongez les repos entre vos essais, ça ne sert à rien de tirer sur des réglettes toutes les 30 secondes. Et si vous voulez « rentabiliser » vos séances, pourquoi ne pas s’amuser à faire quelques mouvements aléatoires, fins, de coordination entre vos essais sur réglettes ? Après tout, ça apprend aussi à s’adapter, à recentrer son attention. Alors, convaincu ?

6ème  règle : le contenu

Grimper peu ou de manière irrégulière ne signifie pas faire n’importe quoi. Je n’ai pas évoqué la notion d’objectif dans ces règles car ce serait même la numéro 0 ! Venez grimper en sachant pourquoi vous venez. Ne perdez pas trop de temps. Listez par exemple vos points faibles, amusez-vous modestement à les travailler pendant 15 minutes après l’échauffement, puis faites du bloc de niveau max, et finissez pourquoi pas un peu de rési. Ou alors, si vous êtes fatigué, faites des mouvements dynamiques sur bonnes prises, des blocs ou voies difficiles à lire, ou aléatoires. Evitez au maximum l’improvisation. Car (et je sais de quoi je parle !) l’improvisation ne sort pas d’un chapeau. Elle n’est efficace qu’après des heures de travail…

Et si vous n’avez pas le niveau qui vous permet de travailler vos objectifs ? C’est aussi un point qui s’apprend, prévoir des plans B, connaître les thématiques peu coûteuses nerveusement ou physiquement. Vous en avez marre de lutter dans des blocs verts, rouges, ou bleus ? Ouvrez vos propres passages, ça vous inspire et ça permet surtout de se détacher des bonnes vieilles cotations habituelles. Et puis amusez-vous, retourner en enfance, ça fait du bien. Jeux débiles ou subtiles, faites votre choix !

7ème  règle : l’organisation

Grimper peu vous oblige à être encore plus organisé que les autres. Faire une séance de poutre pendant que votre enfant de 2 ans (dédicace à Quentin) mange sa purée en vous regardant avec des grands yeux, essayer de trouver les failles de votre emploi du temps, ça se prévoit un minimum. C’est souvent une véritable performance ! Et si vous devez préparer votre sac la veille pour gagner 10 minutes parce que vous vous rendez compte que votre short fétiche est dans le panier à linge sale et que vous devez en trouver un autre dans votre placard sans réveiller votre femme, ça devient compliqué. Tout retard se traduit par un énervement ou une sortie du boulot plus tardive. En fait, ça paraît évident, mais on y passe tous…

8ème  règle : les recettes magiques

Essayez ceci : une séance de concentrique max (tractions aidées ou non à un bras, départ 120°) par semaine, avec seulement 3 répétitions par bras (et 2 minutes de repos entre bras gauche et droit). Au bout de trois ou quatre semaines, pour 80% d’entre vous, vous allez vous rendre compte que vous fermez super bien le bras. Pourquoi ? Parce que vous utilisez une méthode bien connue ne préparation physique : les rappels de force, et les surcompensations de séances. Bien sûr, ça ne fonctionne pas pour toutes les méthodes de musculation, mais certaines sont miraculeuses ! Faites une petite séance de statodynamique la veille d’une sortie à Bleau. Une séance de suspension max 7 à 10 jours avec un projet. En fait, sachez jouer avec tout cela. Tester. Noter. Faites des breaks.

Et surtout, soyez intelligents. Si vous n’aimes pas la préparation physique, essayez de raisonner de la même manière en grimpe. Est-ce vraiment judicieux de tirer sur des réglettes 3 jours avant votre weekend ? Bah non, il vous faudra certainement une semaine pour bénéficier des effets de la séance (et encore plus si vous avez une autre séance 3 jours avant !). Pas de chance, vous serez au travail…

Donc n’apprenez pas par cœur les effets des séances, mais sachez observer, analyser le pourquoi du comment. Si vous faites une séance avec 6 voies dans lesquelles vous cramez, ça fait quoi le lendemain ? Le surlendemain ? 3 ou 4 jours après ? Vous gagnez en rési ? En volume ?

Allez faire un tour dans les outils de prepagrimpe !

9ème règle : des objectifs adaptés

Prolongement de la règle 0, adaptez vos objectifs. Vous aviez des objectifs de grimpe, ou physique, mais vous ne vous sentez pas en forme ? Qu’est-ce qui vous empêche d’avoir des objectifs mentaux ? L’escalade n’est-elle pas la discipline dans laquelle les grimpeurs se trouvent le plus d’excuses (après ou avant un essai d’ailleurs ?). Et si votre objectif du jour devenait tout simplement « j’arrête de penser que j’ai faim ». Trouvez des solutions. Et si vous arrêtiez de dire que votre journée de travail a été épuisante. Ok, vous êtes là pour quoi ? Pour grimper ou vous plaindre ? Retour à la règle 1. C’est parti, feu, flamme !

10ème règle : l’adaptation

C’est votre point fort, ou ça le deviendra. Car franchement, les sportifs de haut niveau sont bien mauvais pour ça. Sachez être moteur de la séance. Vous n’êtes pas au top, ou vous êtes sur-mutant ? Peu importe. Modifiez les prises, rajoutez des pieds, soyez force de proposition. Soyez acteur. Grimper peu, c’est s’enfermer dans un style, un profil, pour paraître moins ridicule. C’est faire semblant de. Vous allez devoir travailler un point essentiel, et délicat : l’adaptation. A un nouveau partenaire, qui n’aura pas forcément le même niveau que vous, mais qui a l’air sympa. A une nouvelle falaise. A un style différent. Des horaires différents. Des contenus différents. Au début, par crainte du regard des autres, par timidité, vous n’oserez pas. Mais c’est ce qui vous fera pourtant progresser !

Alors foncez !

On peut calculer, prévoir, maîtriser, et grimper peu. On a le droit. Vous avez le droit.

Faites-vous plaisir !

Ne lisez surtout pas cet article !

Souvenez-vous de cette publicité made in Patagonia à propos d’un produit : « n’achetez pas cette veste ». Si le but était de rendre les consommateurs écoresponsables, il n’empêche que la marque a bénéficié d’un coup de publicité remarquable sur toute la toile…

« Ne lisez surtout pas cet article ». Clin d’œil ou autre motivation ? Second degré ou réalisme ? Feinte de préparation mentale ? Ah bah oui, le cerveau ne comprend pas la négation, il imagine pour ne pas imaginer, du coup il stocke quand même inconsciemment l’information contraire au titre, ce qui le renforce malgré la volonté inverse. Si votre cerveau accroche sur cette dernière phrase, si plus vous comprenez moins vite, plus vous pensez retenir moins vite, alors relisez le titre de l’article. Cette fois vous êtes fichu, vous venez de dire à votre cerveau de lire surtout cet article. Certains me comprendront, ceux qu’on appelle…les initiés.

Tout est parti d’un article posté par mes soins (et le terme est juste, croyez-moi) sur Planetgrimpe. Son sujet ? L’excentrique.

Prepagrimpe et Thomas Ferry sur la toile

Le nom de domaine du site date un peu (thomas-ferry.fr). A l’époque, j’avais créé un site vitrine que personne ne lisait (mais qui était inscrit sur ma carte de visite, que je ne refourguais à personne…). Une vitrine pour quoi ? De l’imagerie mentale, ce que j’avais appris en musique, et qui, avec beaucoup d’ambition et de prétention, m’avait faire croire que je pouvais transférer mes expériences dans le monde du sport. Erreur que j’ai payée immédiatement auprès de certains athlètes en Suisse, qui ont dû se demander ce que je trouvais à cet outil bien peu passionnant. Alors, en très mauvais entrepreneur, j’ai fait demi-tour, et comme j’avais un contrat avec ce nom de domaine que je ne pouvais pas résilier avant un an, je me suis dit que j’allais plutôt parler de préparation physique en escalade. Voilà comment mon nom a été associé, par ce concours de circonstances au contenu actuel du site. Comme j’avais déjà pas mal potassé le sujet, j’ai rempli un certain nombre de pages. C’est là que certains d’entre vous ont commencé à parcourir les quelques lignes fortement inspirées (pour ne pas dire piratées) du très regretté Monsieur Gilles Cometti, et du CEP.

Au fil des années, par manque de temps, manque de maîtrise, j’ai poursuivi avec ce nom de domaine qui n’avait rien à voir avec le monde de l’entraînement. Aujourd’hui Prepagrimpe et thomas-ferry ne font qu’un, le nom de la page Facebook a aussi changé de nom. Tout rentre dans l’ordre, et étant donné que je me suis lancé dans ce métier assez insolite (en escalade), c’est plutôt cohérent.

Ce qui me faisait peur arrive enfin

Pour ceux qui ont connu l’ancienne version du site, j’avais créé une page qui (je résume) invitait tout professionnel de l’escalade dérangé par cet accès gratuit à la connaissance, à me le faire savoir. Je n’ai jamais eu de retour, certainement parce que les experts ne s’intéressaient pas du tout à ce site sorti de nulle part.

Cet article publié sur Planetgrimpe a (et je m’y attendais un peu) déchaîné quelques réactions, qui n’ont d’ailleurs pas toujours été tendres avec moi. Ça y est, les pros de la grimpe, les vrais, les meilleurs, les expérimentés ont commencé à se montrer, dénonçant ainsi mon manque de professionnalisme. On n’a pas le droit d’affirmer que l’excentrique n’a pas sa place dans les planifications. On me reproche de mal vulgariser l’entraînement, de desservir la profession. On me dit aussi que je ne suis qu’un…papa…prêchant pour la bonne parole, en quelque sorte.

Mon mea culpa

Il est vrai que dans cet article, je n’ai pas pris suffisamment de pincettes, et je n’ai pas marqué clairement « en ce qui me concerne, je pense que ». C’est absolument vrai, et j’ai rectifié le tir depuis. J’avoue aussi ne pas avoir passé des heures à  mentionner des références bibliographiques, à présenter les avantages et les inconvénients de cette méthode excentrique. Parce que, tout simplement, je ne la cautionne pas. Mais pas du tout.

Un brin rancunier ?

Tout d’abord, j’invite les détracteurs à revenir sur leur jugement. Je pense, bien au contraire, avoir suffisamment œuvré pour rendre le monde de l’entraînement plus attrayant qu’il ne l’était (quel prétentieux ce Thomas). Certains ont commencé à lancer leur site, leurs prestations. Tant mieux. Et je m’en réjouis vraiment, sincèrement.

D’autre part, je peux reconnaître avoir un discours moralisateur certaines fois. Vulgariser n’est pas un exercice facile, et j’invite tout expert à prendre le temps d’écrire un article qui plaise à tout le monde. Après tout, quand on a la critique facile et la connaissance, on peut se prêter au jeu non ? Et puis, je pourrais avoir l’occasion de devenir à mon tour ce spécialiste, que ce soit sur le fond ou sur la forme d’ailleurs.

Pour ceux qui lisent vraiment le contenu du site

Article en entonnoir, je viens de perdre les experts, ceux qui ne lisent qu’en vitesse, avec une obsession : trouver la petite bête, la critique, avec un couteau entre les dents. Article test ? Filtre ?

Je n’ai jamais prétendu connaître la vérité, et j’espère que c’est ce qui se dégage du site, et du blog. Mon avis reste mon avis, et mon expérience à haut niveau reste modeste. Comment pourrais-je donc affirmer que je suis le meilleur ? Réussite ou résultat, quelle nuance ? Eh non, Prepagrimpe et le blog ne sont pas des « médias journalistiques », je ne relate rien. Je ne suis qu’un petit bloggeur qui apporte une connaissance et quelques convictions. Je m’excuse si mes mots sont maladroits, mal choisis, si je n’insiste pas suffisamment sur le côté scientifique de l’entraînement, avec des articles très objectifs sur des avantages et des inconvénients. Seulement voilà, à force d’avoir des articles objectifs, on finit par conforter le lecteur dans son indécision. Allons, Messieurs les spécialistes, vous savez tous comme moi qu’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres non ? Les études se contredisent. La science avance plus vite que la transmission de connaissances. Moi aussi je souris quand j’entends certains entraîneurs dire que le lactate est le déchet de la contraction musculaire…et je ne parle pas de ceux qui nous mettent de l’acide lactique à tout va. Alors mes articles, mes avis resteront sous cette forme-là. Je préfère être critiqué mais proposer, plutôt que de me ranger derrière des connaissances.

La déroute

Parmi les compétiteurs que je suis, on peut bien évidemment citer Mathilde Becerra. Le monde de la compétition n’intéresse pas tout le monde, mais l’exemple sera suffisamment clair. Cela fait 2 ans que j’essaie de comprendre, de la comprendre. Même en faisant attention, je me rends compte à quel point on peut vite perdre pied. Les gens jugent un entraîneur sur les résultats en compétition, ceux qui les intéressent en tout cas. Ça, on apprend à la gérer, et on l’assume pleinement. Parfois, c’est bien, comme après sa 4ème place à la coupe du monde de Briançon. Mais il y a bien pire. Le pire du pire, c’est sentir un désaccord complet entre ce qu’on a prévu et ce que vous dit l’athlète en question. A Imst, Mathilde s’est sentie bousculée, fatiguée, dépossédée. A qui la faute ? Début de la déroute en ce qui me concerne, il faut gérer cela, tout en ayant hâte que les jours passent et en faisant bonne figure, en la rassurant. Pourquoi est-elle tombée si bas en termes de sensations ? De tonicité ? De rési ? C’est pire que d’être jugé. Un sportif peut toujours réagir avec orgueil. Pas un entraîneur. J’avoue avoir, derrière mon écran, critiqué l’ouverture des demies finales, avantageant les plus « grandes » grimpeuses. Mais non, Mathilde ne se sentait pas bien. Pas bien du tout. Voilà la vérité.

Des moments comme celui-là, on en vit au quotidien, et pas forcément à haut niveau. Ceux qui entraînent le savent. Alors comment aurais-je pu avoir le moindre excès de confiance, cette prétention de moralisateur ? Est-ce que « mes » critiqueurs experts entraînent vraiment ? Des scientifiques brillants (que je ne suis pas), j’en connais. Des maîtres de conf à la fac, qui passent plus de temps à étudier des sujets qu’à entraîner vraiment. Rien de péjoratif, pas de mauvais esprit de ma part, il ne me viendrait jamais à l’idée d’en dire du mal. Seulement voilà, je me demande quels entraîneurs peuvent vraiment se cacher derrière ces critiques ? Je me demande qui sont-ils pour oublier que je suis aussi un entraîneur, et donc que je vis les mêmes désillusions qu’eux. Ceux qui jugent sont-ils au-dessus des autres ?

La réponse est peut-être là. Je ne suis qu’un simple préparateur de l’ombre. Attaquable, critiquable. Tout cela me donne un côté encore plus humain d’ailleurs. J’ai hâte de lire, d’entendre, la parole de ceux qui savent. Qu’ils me montrent le chemin de ce qu’il faut faire, écrire, dire.

Patagonia

N’achetez pas cette veste. Ne lisez pas cet article

Pour le coup un peu blessé, vexé, susceptible et peut-être rancunier. Voilà qui je suis. Un entraîneur humain, n’assumant pas effectivement de ne pas satisfaire tout le monde, y compris les vrais pros. La limite est floue entre « faire passer des convictions » et « donner la bonne parole ». Je m’en rends compte…

Alors, les critiqueurs experts, ne lisez pas cet article. Communiquez sur vos victoires. D’ailleurs, ne lisez plus rien sur le site du coup. Il est gratuit. Je ne force personne. Et si vous êtes si forts que cela, si vos grimpeurs sont venus vous dire l’autre jour que Thomas Ferry n’aimait pas l’excentrique (alors que vous en faites et que vous le maîtrisez), sachez leur en parler. Leur expliquer. Sachez leur montrer que vous contrôlez. Mais pas en m’attaquant. C’est trop facile. Et pour le coup, ça n’est pas du tout professionnel. N’achetez pas Thomas Ferry.

Les autres voix de la grimpe

Un témoignage. Une confidence. Une confusion. Le physique et le mental ne font qu’un ?

Je me souviens avoir entendu plusieurs fois, durant mon enfance, que Saint Thomas ne croyait que ce qu’il voyait. Si je suis loin d’être un saint (facile à vérifier…), je me pose tout de même une question : et si on m’avait conditionné ? Et si on m’avait incité à ne croire que ce que je voyais, que ce que je vivais, ce que j’observais ? A valider, à vérifier. Peut-être. L’inconscient nous réserve quelques surprises, et bien des années d’adulte plus tard, je me souviens de ceux qui ont prononcé ces mots. Je me souviens de l’ambiance, de la luminosité, peut-être même de la température. Vous avez déjà connu ce sentiment, n’est-ce pas ? Cette phrase, aussi stupide soit-elle, m’a marqué. A plusieurs reprises. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Alors oui, on ne me fait pas croire n’importe quoi.

Mai 2015.

Pour la première fois, je me sens à l’aise avec ce sentiment d’un avenir proche différent, j’ose dépasser ma peur, affronter un éventuel échec. Je dispense un cours dans une école de commerce, de communication managériale plus précisément (une partie de la préparation mentale, organisationnelle, est très proche du quotidien d’un manageur). Le cours précédent m’a renvoyé une image évidente : en face de moi, des étudiants prétentieux. Prétentieux dans leur manière d’apprendre, de traiter les informations. « C’est bon, la communication c’est de l’impro » doivent-ils se dire. Le PowerPoint n’y changera rien. « Nous, on sait ». « On a déjà eu des cours de comm ». L’importance des mots ? De la posture ? De la distance ? Des questions ? L’intonation ? Je les comprends un peu. Bien sûr. J’aime cette prétention enfantine, celle qu’on retrouve dans le milieu professionnel, lorsque les étudiants fraîchement diplômés d’écoles de commerce ou de management découvrent que les cours ne leur serviront que bien plus tard. Plus tard, oui. Parce qu’avant de pouvoir appliquer des méthodes, des modèles, il faut apprendre à communiquer. A observer l’Autre. Les théories ne valent que si l’humain est correctement appréhendé. On n’apprend pas le métier de manager, on devient manager. Ce qu’on apprend confirme, conforte, accélère, ouvre, libère, protège. Mais il faut passer par le terrain.

Alors durant ce cours, fort de ce sentiment nouveau, je me décide à agir, à démontrer. A provoquer. Cette fois, je suis confiant. Un étudiante me pose une question « est-ce que vous avez une technique pour regarder les gens dans les yeux, je n’y arrive pas ». J’ai répondu, mais avec une idée derrière la tête. Plus grande. Plus belle.

Les cas concrets entre étudiants ne suffiront pas, je vais m’employer à mon tour. Je leur montre une première forme d’entretien avec un premier volontaire, des questions directes, je suis directif mais souriant, j’obtiens du quantitatif. Voilà, je lui ai posé des questions, et j’ai obtenu des réponses. On débriefe le cas, posture, voix, distance, petit effet miroir.

Second cas, je demande à l’étudiante de tout à l’heure de s’installer. J’enlève la table et me place face à elle, légèrement décalé. Je lui pose des questions, des questions qui l’invitent à réfléchir. Qu’est-ce qu’elle ressent quand elle fait du sport ? Comment sait-elle qu’elle aime vraiment ? Rien de trop personnel, à vrai dire elle peine à me répondre. En quelques minutes, ses paupières tremblent fortement, je lui fais remarquer. Et puis, au fil des minutes, juste en lui parlant, j’enchaîne des suggestions plus directes : un doigt qui bouge tout seul, un bras incontrôlable, une tête qui penche sans pouvoir la maîtriser. On poursuit. Autour d’elle, dans la salle de classe, je vois certains étudiants transpirer, presque blancs. Il se passe quelque chose. Oui. Je finis par clôturer l’entretien et lui fait remarquer à quel point elle me fixe dans les yeux, déterminée. Un regard perçant. Etrange non, pour quelqu’un qui n’en était pas capable ?

C’est la pause. Tout le monde me questionne, je ne fais que répéter la même phrase : « vous voyez, je lui ai juste parlée non ? Quand je vous disais qu’on pouvait faire passer des messages en faisant attention à la manière de communiquer ».

Le PowerPoint prend tout à coup du sens.

Touch the Future

Un peu plus tôt, au printemps

Une séance expérimentale, plus complexe, plus complète. Mais une séance qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Dans nos mémoires. Un travail en collaboration avec un kiné, à propos d’une blessure probablement somatisée…

Voici le bilan du kiné avant la séance :

« La patiente souffre de son épaule gauche, de manière récurrente, mais non permanente, par phases de quelques jours ou quelques semaines. Ce sont systématiquement des mouvements de force en escalade dits « en épaule » qui déclenchent un épisode douloureux. Ces mouvements partent d’une position d’abduction à 90° minimum de l’épaule, main au-dessus de la ligne des épaules, coude plus ou moins fléchi entre 0° et 110°, et la contraction alors effectuée est une traction de la main sur la prise vers le bas et vers l’arrière, ce qui bien évidemment a un effet luxant vers l’avant de l’articulation gléno-humérale, puisque l’articulation prend appui sur sa butée postérieure, alors la suite du mouvement de rétropulsion du bras en arrière du plan frontal se fait aux dépends d’une projection vers l’avant du moignon de l’épaule et d’une mise en élongation de son plan antérieur. Si ce plan ligamentaire antérieur de l’articulation gléno-humérale est pathologique, il s’en trouve une nouvelle fois étiré, voire lésé, et l’épaule rentre dans un épisode douloureux et convalescent.  Lors de ces épisodes, l’épaule est inconfortable tout le temps, et vraiment douloureuse sur les séances d’escalade et les heures qui suivent, mais aussi sur certains gestes plus anodins, ou certains temps de postures. Elle présente aussi des douleurs nocturnes, en procubitus ou en décubitus latéral gauche. La douleur est de localisation fluctuante, elle peut être dans le « V deltoïdien », sur la pointe de l’épaule en regard de l’articulation acomio-claviculaire, ou encore dans le plan antérieur de l’épaule plus précisément dans la gouttière du tendon du long biceps. Dans ce 1er temps, nous observons une épaule dire « traumatique », c’est à dire dans un schéma classique de protection des blessures du membre supérieur. L’épaule se positionne alors spontanément d’une manière ascensionnée et déjetée en avant. La palpation nous indique un état de tension excessif dans tous les muscles rotateurs, supra épineux, infra épineux, petit rond, sub scapulaire, biceps. Des tensions musculaires sensibles dans les scalènes descendent des cervicales pour ascensionner cette épaule en tractant vers le haut la clavicule, l’omoplate à travers l’angulaire de l’omoplate,  et les 2 premières côtes. Les tests de mobilités comparatifs nous montrent une épaule gauche à laquelle il manque 15° de rotation externe coude au corps fléchi à 90°, et 15° d’élévation. L’abduction totale est sensible en butée. La rotation interne/rétropulsion est normale et symétrique. »

S’en suit alors une séance avec la patiente, une séance mystérieuse ou nous parlons, où j’observe, où la poésie se mêle à la situation. Il est 22h, nous sommes trois, dans la salle du kiné. Il manipule la patiente, mes deux compagnons ont les yeux fermés. J’attends. Et enfin, la séance se termine. Fin des suggestions, fin des questions étranges, fin de la poésie.

Nouveau bilan du kiné :

« Dans un second temps, suite à l’intervention de Thomas, nous revenons vers la patiente et constatons à la palpation un relâchement net des tensions musculaires dans tous les muscles rotateurs. Cette épaule semble plus libérée de ses contraintes musculaires, et les tests des amplitudes nous le confirment en nous montrant une épaule qui a récupéré alors la totalité de ses amplitudes, tant dans la rotation externe que dans l’élévation maximale. Nous pouvons donc bien affirmer que ces limitations d’amplitude et cette attitude vicieuse de l’épaule étaient effectivement dues à un système d’hypertonie musculaire mis en place par le SNC pour protéger l’épaule d’une éventuelle nouvelle blessure. La blessure en elle-même n’existe pas vraiment puisque la détente de ce système de protection suffit à récupérer la normalité articulaire. Et nous pouvons aussi affirmer que l’intervention de Thomas a permis la levée de ce système d’hyper programmation musculaire protecteur sur l’épaule gauche de notre patiente. »

Une blessure qui n’existe pas vraiment… ?

Que s’est-il passé ?

Effet placebo, sophrologie, mindfullness, relaxation, hypnose, imagerie mentale, tests psychologiques, méthodes machin ou bidule…Tous ces termes me font peur, ils sont chargés en préjugés, ils questionnent alors qu’ils ne devraient pas. D’ailleurs, la préparation mentale questionne en général. Elle apeure, souvent.

Aujourd’hui, me voilà touché en plein cœur. Obligé d’admettre. De constater. De croire ce que j’ai vu. Cette année, j’ai complété ma formation par un Diplôme Universitaire. Lors de l’examen final, on m’a posé cette question (il s’agissait d’un cas concret, réel, tiré au sort) : quelles méthodes utiliseriez-vous avec ce sportif ? Même les préparateurs mentaux semblent se réfugier derrière des méthodes, des méthodologies, des outils, pour être crédibles ? « Je ne peux répondre à votre question sans avoir vu ce sportif, sans lui avoir parlé… ». La base de toute réussite, c’est la communication. Parfois, c’est simple. Parfois non. Communiquer, c’est presque déjà réussir. Qu’on nous fiche la paix avec ces histoires de méthodes. Qu’on nous laisse échanger avec l’autre.

J’ai choisi ces deux exemples pour vous faire passer un message fort. L’entraînement, les exercices, tout cela n’est vraiment utile que si on y croit vraiment, pour soi, et pas parce que les autres le font. Il n’existe pas de bons ou mauvais entraîneurs. Tous sont formés. Ce site, prepagrimpe.com, et surtout ce blog, viennent appuyer des théories et renforcer des données. J’essaie d’y faire passer des messages, un état d’esprit, presque une philosophie. Les statistiques ne mentent pas. Mais je peux vous assurer une chose : si à la lecture de cet article vous vous sentez un peu étrange, alors vous êtes prêt à progresser encore plus. La communication passe aussi par l’écrit. Il faut ressentir chaque mot, l’estimer, l’entendre résonner. Aujourd’hui, je n’ai aucun doute : ceux que je suis en préparation physique, ceux qui réussissent, ont pleinement associé mon état d’esprit, peut-être même ma voix, aux différents exercices. Comme une aide. Une voix qui les accompagne.

Il s’agissait bien d’hypnose. Le nom pourtant importe peu. Cet article, un peu différent, loin des données scientifiques, restera en vous. Pour longtemps. Dans un coin de votre tête. Que vous croyiez ou non en l’hypnose, vous arriverez à en tirer parti. Lorsque vous réussirez un petit ou un grand quelque chose, sans trop comprendre, vous aurez un petit sourire qui vous ramènera ici. Là. Nous sommes tous ces étudiants prétentieux, nous pensons tous savoir parce que nous avons appris. Nous répétons souvent que «c’est dans la tête », n’est-ce pas ? Oui. Oui, c’est dans la tête. Justement. Il ne s’agit pas de croire à ces histoires, absolument. Les lire, simplement, suffira.

Si, enfant, on m’avait dit que Saint Thomas aimait écouter, observer, et accorder de l’importance aux Autres, je ne serais peut-être jamais devenu préparateur physique. Aujourd’hui, le physique et le mental ne font qu’un. Conclusion évidente ? La réponse est en vous. Vraiment en vous.

Vous pensiez à quoi quand vous faisiez du concentrique max ? Maintenant, vous aurez ces quelques lignes dans la tête. Vous allez connecter vos envies à vos muscles. Des envies nerveuses. Fortes. Rapides. Le plaisir n’attend pas.

Thomas

Le blog du site www.prepagrimpe.com !